LAITIER, IÈRE
n. (fin XIIe s.) désigne la personne qui vend du lait ou le porte à domicile,
sens aujourd'hui vieilli qui échappe à l'oubli par le titre de la fable de La
Fontaine La laitière et le pot au lait.
L'adjectif LAITIER, IÈRE (1290) se dit d'une femelle
qui donne du lait, substantivé au féminin (1762) par ellipse pour vache
laitière.
Il a acquis le sens plus général de «relatif au
lait » (1611), par exemple dans industrie laitière, produits laitiers,
incluant les dérivés, beurre et fromage.
LAITERIE
n. f. (1315) désigne le lieu où l'on reçoit le lait et où l'on fait la
crème et les fromages, d'abord dans un contexte rural et axé sur la
distribution; de nos jours il s'est dit, avant de s'effacer derrière crémerie,
d'un endroit où l'on vend du lait et des produits fermiers (1840).
LAITAGE
n. m., d'abord lettage (1376), désigne à la
fois le lait et un aliment préparé avec du lait (surtout au pluriel et
collectivement).
LAITÉ, ÉE
adj. (1662) a signifié «qui a du lait ». La locution poule laitée (chez
Molière, 1688) correspondait au moderne poule
mouillée.
D'autres dérivés ne concernent que
l'apparence, la couleur du lait.
LAITE n. f.
(v. 1350, lecte de hareng) désigne le sperme blanchâtre des
poissons, sens avec lequel il a produit LAITÉ, ÉE adj. (v. 1393,
substantivé), employé à propos d'un poisson mâle.
Il est concurrencé par le synonyme LAITANCE n. f., d'abord leitenche (v.
1300, leitenches de carpes), lequel étend son domaine d'emploi au
lait de ciment, en bâtiment.
LAITEUX, EUSE
adj., peut-être attesté dès le XIVe-XVe s. dans terre leiteuse, qualifie
ce qui a l'aspect du lait, en particulier dans le discours médical (v. 1560) et
en joaillerie (1622). Il se dit en général de la couleur blanche (un blanc
laiteux) et de la chair.
Il se rapporte également aux plantes qui contiennent un suc semblable au lait
(1690).
L'emploi, dans le vocabulaire médical, pour ce qui a rapport à l'allaitement
et à la lactation (832, où le sens propre de lait est en œuvre, est
archaïque. On en a dérivé LAITEUSEMENT adv. (1881), d'usage littéraire.
LAITIER
n. m., homonyme de laitier, ière, dénomme (1676) une scorie de
haut-fourneau utilisée dans divers secteurs d'activité, par allusion à son
aspect vitreux. Buffon l'a repris pour nommer une lave de même aspect( 1763).
L'ancien verbe derivé de lait, LAITER
(v. 1155), n a pas vécu au-delà de l’ancien français. Il a été supplanté
par un verbe préfixé. ALLAITER
n. v. tr., d'abord alaitier (XIe s.), est issu du latin tardif allactare
(Ve s.), employé, comme le simple lactare dont il est issu, au sens
de « téter » , ainsi qu'au sens transitif de « nourrir de son
lait ».
Le verbe a plusieurs variantes en ancien français, alecter, alaictier avec
le c étymologique, qu'on trouve en ancien français dans certains dérivés de lait.
Allaiter a aussi (XIIle s.) en ancien français le
sens latin intransitif de « sucer le lait » et plusieurs valeurs
figurées comme « nourrir l'esprit » (1209) et « profiter de qqch »
(1204), sorties d'usage en moyen français.
Il a eu de nombreux dérivés dont ALLAITANT, ANTE adj. (XIIe s.),
« qui est à la mamelle » d'où « nourrisson » (v. 1120)
jusqu'au XVIe s. et, au féminin (allaictante, 1530) « qui nourrit
de son lait ». Ces dérivés et le préfixé DÉSALLAITER v. tr. (XIIIe
s., desalleter) « sevrer », sont sortis d'usage.
En revanche, le dérivé ALLAITEMENT n. m. (1273) est resté usuel au sens
d'action d'allaiter, partiellement, en concurrence avec nourrir, lequel
s'applique aussi aux femelles
des animaux.